Interviews

Rencontre avec Alexane Guth

alexane

 

Après « l’Éveil des ténèbres », je vous propose de découvrir son auteure, Alexane Guth, qui s’est prêtée sans retenue au jeu de l’interview.

L’occasion d’en apprendre davantage sur son univers littéraire, son parcours éditorial, ses passions…

Little Diary : Bonjour Alexane, pour commencer, peux-tu te présenter ?

Alexane Guth : Bonjour Nadège et merci à toi de m’accorder cette interview ! J’ai toujours été plus à l’aise pour présenter mes écrits que moi-même, mais je vais faire de mon mieux ♪ Je suis une jeune âme âgée de vingt printemps du nom d’Alexane, même si sur internet vous me trouverez plus souvent par mon pseudonyme, Sasha (ou Sasha Zephiria).

Après un baccalauréat littéraire, j’ai suivi un cursus de 3 ans à Objectif 3D, au sein d’une formation spécialisée en Cinéma d’animation. Rien à voir avec l’écriture, vous en conviendrez, mais aucun métier en rapport avec la littérature, hormis celui d’écrivain, ne me tentait.

C’est donc un peu par hasard que j’ai poussé les portes de cette école, située sur Montpellier. Aujourd’hui, je me réoriente vers une formation Réalisateur/Monteur, car je me suis découvert une véritable passion pour le montage vidéo.

Mes intérêts tournent principalement autour de l’art : écriture, dessin, lecture, musique, montage vidéo, ainsi que, plus globalement, tout ce qui touche à l’audiovisuel.

L.D : Tu t’es attelée à l’écriture de l’Odyssée des deux mondes dès l’âge de 14 ans, tu en as aujourd’hui 20. Comment cette aventure a commencé ?

A.G : Cette aventure a commencé… eh bien, sur un coup de tête ! Je me suis levée un matin en me disant « tiens, je vais entamer une trilogie ». Cela peut paraître fou, mais ça s’est réellement déroulé ainsi. J’étais en classe de seconde, et j’avais besoin de me libérer, d’un moyen d’expression autre que la parole. J’étais très timide à l’époque. L’écriture a été mon échappatoire.

J’ai commencé par établir une liste de personnages, un brouillon de trame narrative, des idées d’univers, de paysages, d’intrigues… J’étais consciente qu’une trilogie, c’était beaucoup d’organisation, que ça se réfléchissait en amont, surtout à cet âge où nous avons tendance à laisser notre imagination prendre le pas sur le reste (cela se lisait d’ailleurs sur mes copies de français…).

J’écrivais dès que j’en avais le temps, parfois même en classe, sur la marge de mes cahiers, mais principalement le soir. C’est à ce moment de la journée que me vient l’inspiration. De fil en aiguille, l’histoire s’est bâtie. Le premier tome, L’éveil des ténèbres, fut achevé à mes 15 ans. Les deux derniers, Royaumes Déchus et Erinae Valendar, m’ont pris chacun un an à écrire.

C’était un défi personnel que je m’étais lancé, de terminer cette saga avant ma majorité. Cette aventure a pris un réel tournant grâce à mon professeur de français en Première, Mme Tortes, qui a accepté de lire en intégralité ce premier tome et m’a mise en relation avec plusieurs éditeurs. Elle m’a redonné confiance en moi et m’a encouragée à me lancer dans l’aventure éditoriale.

L.D : Héra est une héroïne qui est bien loin de l’image de la princesse traditionnelle, qui attend patiemment le retour de son prince charmant, puisque tu en as fait une guerrière. Il est de plus en plus courant dans la littérature actuelle que les femmes soient des personnages indépendants et au fort tempérament. Que penses-tu de ce phénomène ?

A.G : De plus en plus, et pas seulement dans le milieu littéraire, je constate ce phénomène. Ne serait-ce qu’avec des films tels qu’Hunger Games, Divergente, des séries ou des mangas, l’image de la femme a, je trouve, globalement évolué. Elle est bien plus présente, plus affirmée et moins stéréotypée qu’autrefois.

Pour moi, l’image de la princesse telle qu’on la connaît n’avait pas de sens, premièrement parce que ça a été vu et revu, mais surtout parce que ce n’est pas ma vision d’une « princesse ». Je voulais que le personnage central ait un fort caractère, qu’elle se rebelle contre ce sort, cette destinée qu’on lui a imposée dès son adolescence.

Dans le premier tome, son passé est entouré de mystères, mais rapidement, la lumière se fait sur ses jeunes années et le lecteur saisit tout l’enjeu d’un tel rôle. Dans son statut de Princesse du Monde Perdu, elle apprendra beaucoup, sur elle-même, sur le monde qui l’entoure et les enjeux d’un tel destin. Héra est, dès le début, volontairement présentée comme une jeune femme naïve, insouciante, inconsciente de ce que sa rébellion va engendrer.

Je souhaitais surtout démontrer qu’un héros, ce n’est pas forcément un être parfait, exemplaire. J’ai énormément joué sur les différentes facettes d’Héra, sur ses doutes, ses pensées, ses émotions. Je pense qu’il s’agit du personnage qui a le plus grandi dans la trilogie.

L.D : Comment s’est fait la collaboration avec ton éditeur, les éditions Sudarènes ?

A.G : L’aventure éditoriale n’a pas été simple. Le dernier tome achevé, j’ai attendu quelques mois avant de me décider à tenter ma chance avec des éditeurs. J’ai commencé mes envois pendant l’été 2013, après mon baccalauréat.

J’ai reçu plusieurs réponses positives, mais par mesure de précaution, et étant encore mineure à l’époque, je me suis renseignée sur les maisons en question et il se trouvait qu’il s’agissait d’éditions à compte d’auteur, où l’on me demandait une certaine somme en échange de la publication de mon ouvrage. J’ai donc refusé de signer.

Puis en novembre 2013, j’ai reçu un contrat des éditions Terriciaë, plutôt idyllique pour une jeune auteure de 17 ans puisqu’il ne demandait aucune contribution, s’apparentait à un contrat sérieux, semblait produire des livres de bonne qualité. J’ai signé avec eux après quelques semaines de réflexion, mais j’ai très vite déchanté. Un an et demi sans aucune nouvelle de mon ouvrage, une seule épreuve de correction reçue (en janvier) puis plus rien. Les éditions étaient injoignables, et on me faisait miroiter l’illusion que mon livre allait « bientôt » être publié. J’ai donc rompu le contrat au bout de la durée indiquée, sans aucune réponse de leur part. J’ai découvert il y a quelques mois que Terriciaë avait mis la clé sous la porte… En y repensant, je suis bien contente d’être partie à temps.

Un peu désespérée, j’ai attendu la réponse d’autres éditeurs. C’est grâce à ma meilleure amie Marie-Lé Shigo, également éditée chez Sudarènes, que j’ai connu ces éditions hyéroises. Elle a gentiment accepté de glisser un mot sur moi au directeur de Sudarènes, et quelques semaines plus tard, David et moi nous rencontrions autour d’un café, à Montpellier (j’ai même quitté mes cours pour aller le rencontrer, car il n’était que de passage !). Marie-Lé était présente aussi, elle m’a encouragée à parler de mes écrits et de mon parcours. Le courant est tout de suite passé. Une semaine plus tard, je recevais mon contrat d’édition, signé quelques jours après.

À partir de là, tout s’est enchaîné très vite : quelques mois seulement après la signature, le premier tome de L’Odyssée des deux Mondes faisait sa sortie nationale. Aujourd’hui, nous travaillons sur le troisième tome, qui devrait paraître pour l’été 2017.

Je recommande vraiment ces éditions qui m’ont offert, en plus de la publication de cette trilogie, la possibilité de faire mes premières séances de dédicaces et salons, et d’ainsi rencontrer et échanger autour de la littérature.

L.D : Le site internet consacré à la trilogie est une mine d’or d’informations, cartes et autres goodies pour les lecteurs. Est-ce toi qui l’as créée ? Si oui, comment en sélectionnes-tu le contenu ?

A.G : Effectivement, j’ai créé ce site il y a quelques années maintenant. J’avais réellement envie qu’un espace personnalisé et personnalisable soit dédié à l’univers de la trilogie. Avoir une page Facebook ou un compte Twitter, c’est bien pour la promotion et l’échange d’informations, mais j’avais besoin d’un support plus libre pour pouvoir réellement plonger les gens dans mon univers. Cela passe évidemment par des fonds et des images personnalisées, mais aussi par une musique de fond, qui je pense, correspond assez bien à l’ambiance de la trilogie.

Pour le contenu, j’ai dû me limiter, car au début, quand on crée un site, on a tendance à vouloir en faire un fourre-tout… et c’est indigeste pour les visiteurs ! Je me suis fait un plan sur papier, avec les grandes catégories : une présentation de l’univers, une page consacrée à chaque tome avec la couverture, ses informations pratiques et quelques extraits, une visite virtuelle à travers des descriptions (n’oublions pas qu’il s’agit avant tout d’une odyssée ! Les personnages vont, naturellement, être amenés à voyager).

J’ai aussi voulu inclure, suite à des remarques sur le premier tome, des petits éléments qui aideraient le lecteur à se resituer. En tant qu’auteur, il faut savoir que dans notre esprit, tout est clair et compréhensible et c’est bien normal : nous sommes les créateurs de l’histoire que nous narrons, mais il faut aussi se rappeler que ce qui nous paraît évident ne l’est pas nécessairement pour ceux qui nous lisent. La confusion venait souvent, pour mes lecteurs, du nombre conséquent de personnages dès le premier tome, et de l’enchaînement parfois très rapide d’actions, ou de plusieurs arcs narratifs simultanés.

J’ai donc pris la décision d’inclure une carte du continent, un glossaire regroupant les personnages, les lieux, les noms inventés avec leur signification (ce glossaire figurera d’ailleurs au début du troisième tome). Le site comporte également une page de remerciements, une petite bio ainsi qu’une page dédiée à tous vos encouragements.

L.D : À l’exception de la Fantasy, quels autres genres littéraires aimes-tu lire ?

A.G : En ce moment, je ne lis plus tellement par cause de manque de temps, mais j’aime tout ce qui touche à l’imaginaire, tout ce qui est susceptible de me faire voyager : SF, Fantasy, dystopie… Je ne suis pas réellement attirée par les autres genres, même si j’ai apprécié quelques auteurs classiques lus au lycée tels Maupassant, Hugo ou Beaumarchais. Mes deux séries coup de cœur restent « Le Maître du Temps » de Louise Cooper et « Le dernier royaume » de Morgan Rhodes. J’aime également la série des Chevaliers d’Émeraude, Pure, La Guerre des Clans…

L.D : Si tu pouvais détenir un pouvoir, lequel choisirais-tu ? Pourquoi ?

A.G : Mhh… Mais qui a dit que je n’en avais pas un ? ♪ Non, plus sérieusement, en choisir un seul, c’est difficile. Le pouvoir de rendre les gens heureux ? D’effacer les vices de ce monde.

L.D : J’ai lu que tu aimais l’équitation, ce qui se ressent par ailleurs dans ton histoire. À part les chevaux et l’écriture as-tu d’autres passions ?

A.G : Oui, je suis, outre ces deux domaines, passionnée de montage vidéo (que je placerais d’ailleurs au même niveau que l’écriture). J’ai découvert cette matière lors de ma seconde année à Objectif 3D, lors d’un exercice de détournement de film. Nous devions choisir un film (qu’importe le genre) et en faire une bande-annonce détournée d’une minute trente. Ça a été une révélation, et c’est ce qui m’a poussée à m’orienter vers une formation plus adéquate. Bien sûr, tout ce que j’ai appris à Objectif 3D m’a plu, ce sont réellement des domaines passionnants, et je ne me vois pas arrêter la 3D pour autant. Je compte faire quelques projets perso dans mon coin. ♪ Dans l’idéal, j’aimerais me spécialiser dans la réalisation de bandes-annonces, mais tous les aspects du montage m’intéressent.

J’aime la musique (ce qui rejoint ce dont je parlais précédemment). Je ne peux pas écrire sans musique. Il m’arrive parfois de changer 4 ou 5 fois de morceau juste dans le but de trouver LE passage adapté à ce que je veux écrire, l’émotion que je veux véhiculer ou l’action que je souhaite retranscrire.

Lorsque j’écris, c’est comme un film qui se déroule dans ma tête, avec des voix, de la musique, une ambiance singulière, bref, un univers visuel, mais aussi sonore. Idem pour le montage : je suis capable d’écouter une musique en boucle, juste pour, dans mon esprit, l’associer à des images, trouver un rythme intéressant à exploiter et ensuite donner naissance à un nouveau montage vidéo.

Concernant les styles de musiques, ils sont assez variés, quoique très orientés anglophones : je peux passer du métal à l’épique sans réelle transition… Mais je m’aperçois que j’écoute énormément de musiques tirées de films, jeux vidéos ou séries. Je suis très sensible au texte, au sens d’une chanson, c’est souvent ce qui définit si j’aime ou non un morceau.

J’aime également voyager (récemment, j’ai eu la chance de pouvoir retourner deux semaines en Malaisie, où ma famille et moi avions passé plusieurs années). Mon rêve serait d’aller m’installer en Nouvelle-Zélande.

Je suis aussi passionnée par certains univers bien particuliers : Tolkien, FullMetal Alchemist (anime), Yugioh (anime), Heavy Rain (jeu vidéo), Everybody’s gone to the Rapture (jeu vidéo). Je ne saurais dire avec précision ce qui me touche ou me fait aimer ces univers, mais il y a dans chacun d’eux un quelque chose dans lequel je m’identifie. Ah, et j’essaie d’apprendre le japonais, car c’est une langue que je trouve absolument fabuleuse. Je suis aussi passionnée par la langue de Shakespeare, il m’arrive d’ailleurs d’écrire en anglais de temps à autre.

L.D : Peux-tu me parler de tes futurs projets ?

A.G : J’aimerais un jour pouvoir vivre de l’écriture, mais je suis bien consciente que ce n’est pas chose aisée, alors en attendant je poursuis mes études dans l’audiovisuel. Je suis actuellement une formation de réalisateur/monteur dans le but de devenir monteuse et, pourquoi pas, réaliser des trailers de films, séries ou jeux vidéos.

Concernant l’écriture, j’ai plusieurs projets en cours, dont le hors-série de L’Odyssée des deux Mondes, qui s’intitulera « Noliän » ou « La complainte de Noliän ». Le livre reprendra le même univers, mais à une époque et avec des personnages différents. J’ai fait en sorte qu’il soit indépendant de la trilogie, qu’on puisse le lire sans avoir à connaître L’Odyssée des deux Mondes pour comprendre l’intrigue, même si certains éléments sont repris, ou certains événements, relatés.

J’ai également un autre projet plutôt SF, qui sera un One-shot. Il s’agit de « Memoria », qui mettra en scène une jeune hybride du nom d’Alyss, soudainement privée de sa mémoire. Le livre contera sa quête pour ses souvenirs perdus, mais l’héroïne devra faire face à de nombreux dilemmes qui bouleverseront sa mission.

… Ainsi qu’une bonne dizaine d’histoires jamais achevées !

L.D : Pour conclure, souhaites-tu ajouter quelques mots ?

A.G : Simplement te remercier de m’accorder cette interview, et espérer que ces quelques mots encourageront les gens à plonger dans mon univers. Et, c’est toujours bon de le rappeler, à ceux qui hésitent, qui se pensent trop timides ou qui ont cessé de croire en leurs rêves : n’abandonnez jamais.

Je dis cela car, quand on est jeune, on a tendance à sous-estimer son talent, à étouffer ses rêves, se dire que c’est impossible. Alors je vais conclure avec ce petit extrait qui figure sur les remerciements du site internet, et qui sera présent dans ceux du troisième tome :

« Nous avons tous de grands rêves qui n’attendent que d’être réalisés. D’improbables, d’impossibles désirs. Mais l’impossible n’existe que pour ceux qui y croient. Des plus fous rêves sont nées les plus grandes choses, et même la plus petite personne peut se permettre de rêver. Alors, rappelez-vous : rêver est votre plus grande liberté. Rêvez, rêvez, et faites rêver autour de vous !

L’Odyssée des deux Mondes m’a apporté la preuve que tout était possible.

So don’t give up. »

Je te remercie pour cet échange et te souhaite une belle réussite dans tes futurs projets !

Pour en savoir plus sur Alexane Guth et l’Odyssée des deux mondes, je vous invite à visiter son site web : sashafromzephiria.wixsite.com/odysseedesdeuxmondes

 Little Diary

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s